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Ainsi, l’un d’eux, le cran Poulet, petite crique nichée entre Audresselles et le cap Gris-Nez est le lieu de baignade privilégié des baigneurs du camping d’Audinghen, pas loin du bois d’Haringzelles.
 On y descend à pied, par un chemin de pierre long d’un kilomètre. Et là, surprise, le baigneur ou le pêcheur occasionnel découvre, blottie dans une niche rocheuse, une statue de la Vierge qui n’est pas sans rappeler celle de Lourdes. Une inscription écrite avec des cailloux blancs : « Notre-Dame de la Mer ». Le curé d’Audinghen y anime, chaque 15 août, le traditionnel pèlerinage de l’Assomption. Oh, ce n’est plus le pèlerinage d’antan, lorsque les familles de la marine boulonnaise prenaient l’autobus jusqu’à Audresselles pour se rendre en procession au cran Poulet. Les pèlerins, paraît-il, donnaient leur pièce au berger pour s’excuser d’avoir dérangé les moutons. Il y avait encore un café en bas du cran, là où prospérait un chantier d’extraction de graviers. A cette époque, le calvaire, implanté sur la falaise voisine, était aussi un phare pour les marins qui se découvraient ou se signaient en passant au large. La tradition demeure néanmoins.
 Il faut remonter plus d’un siècle en arrière pour trouver l’origine de cette statue, implantée là à la suite d’un vœu, en souvenir sans doute des nombreux naufrages survenus dans ces parages dangereux. Maire d’Audinghen de 1972 à 1995, Marcel Caron se souvient : « La statue était alors, peut-être depuis 1870, dans une grotte naturelle, en bas de la falaise, au pied du calvaire ; les pèlerins y descendaient à pied et y allumaient des cierges. Fin 1949, elle est tombée à la mer. Reconstruite à l’identique dès 1950, dans la « double falaise », elle a subi très rapidement l’érosion de la mer, et on a dû de nouveau la déplacer ». C’est à la famille Hamain, propriétaire des lieux à l’époque, que l’on doit l’érection de la statue et du calvaire refait après-guerre. Cultivateur sur une partie de ces terres, Marcel Caron les a ensuite rachetées avant de les céder au Conservatoire du Littoral. De son côté, Alexandre Feutry, aujourd’hui décédé, a restauré le site, implanté les marches actuelles et décoré la grotte d’oriflammes. La ferveur mariale n’est peut-être plus ce qu’elle a été, mais cet oratoire dédié à la Vierge subsiste et la paroisse y veille.
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