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D’Ambleteuse à Escalles Redonner ses droits à la nature, aux oiseaux à la flore, tout en améliorant l’accueil d’un public toujours plus dense sur ce grand site national façonné par l’histoire : telle est l’ambition de l’Opération, inscrite au programme de l’Agenda 21, menée jusqu’en 2013 dans le secteur des caps Gris-Nez et Blanc-Nez, principale destination touristique du Nord-Pas-de-Calais. La première phase, qui consiste en l’aménagement de sentiers touristiques, vient de s’achever.
"chaque année entre un et deux millions de visiteurs"
Face aux falaises laiteuses d’Albion distantes de 28 kilomètres, les caps Gris-Nez et Blanc-Nez sont les deux vigies françaises du boulevard maritime le plus fréquenté du monde. Labellisé grand site national en 1979 puis classé dans le réseau Natura 2000, ce territoire attire chaque année entre un et deux millions de visiteurs. Mais, victime de son succès, cet espace naturel sensible chargé d’histoire souffrait de ces grandes marées touristiques mal maîtrisées et du piétinement qui renforçait son érosion. Aussi, pour que la préservation de la nature aille de pair avec l’accueil du public, et pour entamer une reconquête de la biodiversité, le département du Pas-de-Calais a engagé en juin 2007 une opération Grand site. Concernant huit communes (Sangatte , Escalles , Wissant , Tardinghen , Audinghen , Audresselles , Ambleteuse et Wimereux ) étalées sur un littoral de 25 kilomètres, elle est menée par le conseil général, à la fois maître d’ouvrage et maître d’oeuvre, l’Europe (à hauteur de 50 % via le FEDER), le Conservatoire du Littoral (propriétaire, avec le Département, de 800 hectares), le conseil régional Nord-Pas-de-Calais, le parc naturel régional des Caps et Marais d’Opale et le syndicat mixte Eden 62.
"La nature regagne du terrain" La première phase du projet – la seconde se terminera en 2013 - vient de s’achever, et le site a été rouvert au public, après douze mois de fermeture, au début de cet été 2008. Déjà, les chancres visuels (vestiges bétonnés de la dernière guerre, décharges sauvages, ravines, cicatrices blanchâtres de chemins détériorés par les travaux du tunnel sous la Manche…) sont en voie de disparition, tandis que l’obélisque de la Dover Patrol, mémorial de la Première guerre mondiale implanté au Blanc-Nez, a retrouvé le côté solennel qui lui faisait défaut. Ainsi, à l’instar de ce qui a déjà été réalisé par les Bretons sur la pointe du Raz, les parkings, qui se trouvaient en bord de falaises, ont été redonnés à la nature. De nouvelles aires paysagères de stationnement ont été recréées en retrait. Des sentiers touristiques, comme celui creusé dans la craie du Blanc-Nez, permettent d’acheminer les visiteurs, y compris ceux à mobilité réduite, vers l’exceptionnel belvédère qu’offrent les deux caps, là où Manche et mer du Nord se rencontrent, tout en limitant l’impact humain sur l’écosystème.
"Sept kilomètres de clôture écolo"
« Dès cette première phase d’aménagement, nous essayons aussi de répondre au problème des toilettes et de la collecte des déchets », explique le chef de projet, soucieux, jusque dans les moindres détails, du développement durable. Ainsi, la restauration des pointes des deux caps est assurée par la plantation d’essences locales (charme, troène, argousier, cornouiller…) et tous les matériaux utilisés sont respectueux de l’environnement : palissades en châtaignier, pavés requalifiés, enrobés avec joints en herbe… Sept kilomètres de clôture ont été nécessaires au balisage des parcours et à la protection des landes pâturées qui seront bientôt rendues à quelque cinq cents moutons.
"une vue inégalable sur les marais, les prairies, la mer et les caps"
Dissuader voitures et camping-cars. Au cœur de Tardinghen, petit village niché entre deux virages de la RD 940, le Conseil général a imaginé un parking de 45 places, entre l’église et la mairie. Il s’agit de dissuader un maximum d’automobilistes d’emprunter la petite route qui mène à la plage du lieu-dit le Châtelet et au parking, discret mais de plus en plus fréquenté, l’été, par les utilisateurs de camping-cars. Les travaux ont été achevés en trois mois. La place du village offre désormais une vue inégalable sur les marais, les prairies, la mer et les caps. De même, deux blockhaus ont été dynamités, les barbelés de la Seconde guerre mondiale dégagés, 1 200 tonnes de gravas enlevées, tandis que des milliers d’oyats ont été replantés tout au long de ce cordon dunaire très vulnérable.
 "développer des modes de circulation doux et alternatifs" Une locomotive pour la côte d’Opale. Le public est, depuis le début de juillet, davantage canalisé, mais beaucoup mieux sécurisé. Revers de la médaille : si les camping-cars ont été délogés du cœur de site, le caractère sauvage que recherchaient certains touristes tend paradoxalement à s’estomper. Mais on ne peut pas gagner sur tous les tableaux. Cela dit, l’Opération grand site permet avant tout de développer des modes de circulation doux et alternatifs, mais aussi de mettre en valeur les nombreux villages en retrait sur ce littoral, qui possèdent une richesse patrimoniale à conforter : le fort Vauban d’Ambleteuse, les fermes en silex, le Typhonium ou le moulin à eau de Wissant, le clocher art-déco de l’église d’Audinghen… sans parler des vestiges du Mur de l’Atlantique. Car, sur la côte d’Opale, le site des Deux-Caps est, avec le Centre national de la mer Nausicaa (à Boulogne), le principal produit d’appel pour les clientèles de Grande-Bretagne ou du Bénélux. « Ne tuons pas la poule aux œufs d’or ! » : en réhabilitant un site naturel d’exception, le Département du Pas-de-Calais sait bien qu’il améliore la qualité de son offre touristique. Un pari écologique mais aussi économique !
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